Enneagramme et Corps Digest

« Rien dans notre intelligence qui ne soit passé par nos sens »

Aristote

Donner la parole au corps !

Tout au long de la journée Ennéagramme & Corps du 31 mars organisée par l’association francophone de l’Ennéagramme à Beaugency, plusieurs approches corporelles ont été proposées à la quarantaine de personnes présentes. Des approches au service d’une évolution personnelle et nous faisant découvrir les ressources apportées par notre corps. Aperçu…

Séquence : Les Mouvements de Gurdjieff

Il ne s’agit pas de devenir quelqu’un d’autre, dit Vibha Gosselin en débutant la première séquence du jour, mais de créer les conditions laissant de l’espace pour le  changement ! « L’Homme peut cesser d’être une machine à la condition de savoir comment la machine fonctionne ! » dit G Bien comprendre que le changement ne passe que par le corps. Le corps est l’outil essentiel du changement.

Aussi commençons-nous la journée par pratiquer des mouvements de Gurdjieff, lesquels permettent de contacter l’intelligence du corps. Pour que le Mental habituel ne puisse plus commander, pour qu’il perde ses repères, G nous aide avec une musique,  des postures et un travail collectif, à trouver un bon fonctionnement de nos trois Centres… Pendant les mouvements, observer, sans jugement, ce que le corps veut ou ne veut pas : Qu’est-ce que je sens en faisant ces mouvements ? Qu’est-ce que mon corps sent ? Puis, qu’est-ce que je ressens et qu’est-ce que je comprends ? Qu’est-ce que je vois de moi ?

Ces mouvements en musique sont à considérer comme un travail d’attention ! Les réaliser avec une certaine conscience. Apprendre à diriger son attention là où on le souhaite.

« Ce sont des mouvements simples, dit une participante à la fin des exercices, mais qui révèlent notre complexité… » Vibha la rejoint en disant que de tels exercices nous montrent nos limites quand il s’agit de se concentrer sur l’instant présent…

Point d’orgue de la séquence

Pour une personne du Type 9, sentir cette volonté d’être, d’exister, de faire. Il ne s’agit pas d’une affirmation par rapport aux autres mais d’une affirmation à être. Développer une qualité d’attention et de présence. Durant les mouvements, la personne de ce Type ressent l’énergie d’être pleinement présente à ce qu’elle fait. Elle ne pense pas à autre chose, elle ne plane pas, ne rêve pas, elle est présente !

 

Extraits du panel de fin de journée :

  • Personne du Type 9 : « Chez moi, le « sentir » est anesthésié et les exercices que nous avons faits obligent à avoir une conscience du corps ».
  • Personne du Type 8 : « Depuis longtemps, je voulais me rapprocher de Gurdjieff et de sa méthode pour rapprocher les trois Centres».
  • Personnes du Type 5 :

o « Je vois la proximité entre le « Yoga énergie » et Gurdjieff que je ne voyais que comme un maître spirituel».
o « Les mouvements de Gurdjieff me touchent beaucoup, car c’est un travail sur l’attention».

  • Personne du Type 1 : « J’ai apprécié ces mouvements, car ils invitent à être en pleine conscience ».

« Nous ne pouvons percevoir la réalité que par nos cinq sens : visuel, auditif, kinesthésique, olfactif, gustatif »

Séquence : La méthode Vittoz

En se rendant, en 1817, pour la première fois dans l’église Santa Croce, à Florence, Stendhal vit une forte émotion : « les Sibylles de Volterrano m’ont donné le plus vif plaisir que la peinture m’ait jamais fait. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais presque. À chaque détail qu’on aperçoit, l’âme se sent ravir de plus en plus. On est sur le chemin des larmes ».

« La beauté n’est pas une idée pure, elle n’existe que par le corps » analyse-t-il plus tard pour conclure que l’art procure d’abord un plaisir de nature physique.

Notre corps, avec ses cinq sens, nous ouvre à la beauté mais aussi au calme, à la tranquillité quand nous retrouvons un équilibre cérébral. Dans nos vies, nous sommes, dit Sophie Ganeau, enseignante à l’Institut Vittoz, beaucoup dans l’émissivité : la pensée, le raisonnement, la concentration, l’énergie de la volonté. Cet équilibre peut s’obtenir en développant la faculté de recevoir les vibrations du monde extérieur sans interprétation intellectuelle ou réaction personnelle. Sentir plus que penser. Cette simplicité n’est qu’apparente : l’exercice consistant à regarder le visage d’une personne sans émettre ni pensée ni jugement s’est révélé, pour beaucoup d’entre nous,  très difficile à pratiquer au point de nous demander si cela était possible.

Cela suppose un véritable apprentissage comme en témoigne une personne formée à « Vittoz » : « Comme un enfant de maternelle, dit une personne de Type 5, apprendre les sensations ! Toucher du riz, sentir des parfums, regarder des couleurs, choisir un objet, écouter une musique, goûter mon dentifrice… Vivre en sensation fait accéder à un monde très large, que je ne soupçonnais pas. Quel repos quand je quitte le mental pour quelques secondes !  Se sentir moins seul, car je suis en lien avec ce que je goûte, avec les oiseaux que j’écoute chanter. Cela ouvre à la vie et à tout ce qu’elle donne à chaque instant, même quand on est seul chez soi ».

Bien distinguer le « sentir » (il s’agit des cinq sens. Le tout petit enfant capte le monde à partir de ses cinq sens) du « ressentir » (on ressent une émotion). Sentir est une énergie intérieure, intuitive, instinctive, alors que le ressenti a sa source à l’extérieur de soi. Sentir plutôt que penser est vrai pour les Mentaux mais c’est aussi vrai pour les autres Centres. C’est ainsi qu’un Type 9 gagnera à sentir son ambiance intérieure, qu’un Type 1 pourra sortir de son dialogue intérieur, qu’un Type 2 avec une attention orientée vers les autres peut, durant longtemps, vivre sans avoir conscience de son corps.

Pour s’entraîner à sentir, Sophie nous invite à poser un acte conscient, c’est-à-dire un acte décidé auparavant et dont chaque geste sera senti du début jusqu’à la à la fin. Décider du moment où ça commence, se déroule, se termine. Décider en sentant les choses. Par exemple : Ouvrir la fenêtre, prendre les lunettes d’une personne, fermer les yeux, s’étirer, etc. Etre en corps à corps avec l’énergie que l’on sent en soi : c’est spontané, pas réfléchi. À la fin de l’exercice, s’interroger pendant une minute : Qu’ai-je senti en faisant l’action ?

Avoir conscience d’un acte, ce n’est pas le penser mais le sentir !

Le point d’orgue de la séquence

Pour une personne du Type 5, Vittoz apprend qu’il y a une autre façon d’être en vie. Sentir plutôt que penser. Faire du corps un « parent pauvre » peut trouver sa source dans l’enfance : aucun contact physique, une absence de tendresse, une survalorisation de l’intellect. Plus tard, ne pas se sentir en vie ; avoir des sensations d’étouffement quand on coupe sa respiration.

Aujourd’hui, sentir que j’ai une volonté, une énergie que je peux fabriquer. Sentir son identité. Une identité qui vient de soi et ne se fabrique pas de l’extérieur !  Découvrir en soi une force qui permet de se donner des permissions : « J’ai le droit de respirer, d’expirer avec force ! »

Extraits du panel de fin de journée :

– Personne du Type 1 : « Ennéagramme & Corps  est une vraie richesse et je découvre qu’il y a plusieurs façon d’aborder l’ennéagramme. Quant à Vittoz, ce fut une révélation, car je ne voyais qu’une méthode de relaxation. »
–    Personne du Type 4 : « Je vais construire des exercices liant la cohérence cardiaque que je pratique et la spirale. »<
–    Personnes du Type 6 :

o « Utilité de l’exercice de la spirale centripète, car elle permet de canaliser son énergie, de gagner en calme. »
o  « Développer ma réceptivité pour vivre davantage d’émotions et quitter la rationalité cartésienne : « Je pense donc je suis »

–     Personne du Type 7 : « Je vois beaucoup de similitudes entre Vittoz et la Kinésiologie».
–     Personnes du Type 9 : Utilité de  l’exercice de la spirale centrifuge pour réveiller l’énergie ou l’envie, pour quitter l’oubli de soi : « Pour avoir une meilleure action, pratiquer le processus Sentir/Ressentir/Anticiper » dira l’une d’elles. En effet, la pensée vient en second. Il y a d’abord les sensations (provoquées par l’extérieur) puis les perceptions (notamment les données émotionnelles qui nous sont propres).

Les massages ayurvédiques

Avant de nous proposer un automassage de la tête, Sophie Cauliez présente les trois formes d’énergie enseignées en Ayurveda.

–  L’énergie du mouvement qu’elle rapproche du Centre Mental. Pour calmer l’anxiété, l’impulsivité, l’humeur changeante, pratiquer un massage lent, enveloppant, rassurant avec beaucoup d’huile lourde, chaude et nourrissante (Huile de sésame)

–   L’énergie de la transformation qu’elle rapproche du Centre Instinctif. Pour apaiser la colère, la tendance au contrôle, la susceptibilité et la jalousie, pratiquer un massage stimulant, rapide et profond avec une quantité modérée d’huile, de nature fraîche (Huile de noix de coco)

–    L’énergie de la cohésion qu’elle rapproche du Centre Cœur. Pour limiter l’entêtement, la tendance à la mélancolie et à la passivité, la possessivité, l’âpreté au gain, pratiquer un massage avec des poudres ou avec un peu d’huile, très stimulant pour activer le système lymphatique stagnant (Huile de moutarde ou de maïs)

Ces massages peuvent être partiels (Dos, pieds/mains/tête, ventre) ou pratiqués sur le corps entier. Ils ont des effets physiologiques, émotionnels et énergétiques.

Chaque participant est ensuite invité à réaliser un automassage de la tête sur les différents points suivants : Le front, l’arcade sourcilière, les tempes, les ailes du nez, le long de l’os (points puis lissage), les oreilles, la nuque, les trapèzes.

Point d’orgue de la séquence

La pratique des massages ayurvédiques, dit Sophie Cauliez, aussi bien reçus que donnés apprend à

–   accepter le temps autrement, à accueillir le temps long, c’est-à-dire un temps où il ne se passe rien d’extraordinaire, où on laisse les choses se faire, où l’on ne décide pas, où l’on ne décrète rien.

–   pacifier des émotions tempétueuses… Des émotions qui ne partent pas loin car rattachées à une sensation. Des émotions paisibles et joyeuses qui éloignent de la mélancolie.

–    sortir de ses pensées ou des ruminations car on est centré sur le corps de l’autre.

–     se tourner, grâce à l’action, vers le présent et regarder demain avec légèreté; être moins dans la gravité.

Extraits du panel de fin de journée

–       Personne du Type 5 : J’en entrevois l’intérêt

–       Personne du Type 1 : J’ai été très heureuse d’écouter l’exposé sur l’ayurvéda et cela me donne envie d’en apprendre davantage

Les ateliers de l’après-midi

Après le repas, trois ateliers  au choix sont proposés aux participants :

–    Comment la kinésiologie permet-elle de trouver la source d’un stress, la cause d’un mal être en interrogeant le corps, via le test musculaire ? Ce fut l’apport de Stéphanie Katzmann, Kinésiologue

–   Comment, grâce à l’écoute de nos sensations corporelles, détecter la source de nos problèmes ? Elisabeth Aubret Hunsinger, avec  des pièces musicales, nous a fait sentir nos énergies et les explorer.

–    Corinne Casparian, a montré comment, à partir d’une écoute de nos émotions et en liant émotions et corps, les fleurs de Bach peuvent nous aider à dépasser une ou plusieurs peurs.

Point d’orgue de la journée : Une méditation, conduite par Vibha, a permis de faire circuler l’énergie dans tout le corps. Une méditation en quatre étapes proposée par Helen Palmer et permettant d’activer l’énergie de la vertu de son Type :

–     Ancrage (mains posées sur les cuisses) : Préparer son corps à être présent

–    Appel de la qualité essentielle ou vertu de son Type (mains posées sur les cuisses et ouvertes vers le haut) : l’attention se focalise sur le mot qui symbolise la qualité essentielle et  que l’on peut répéter mentalement

–    Laisser cette qualité supérieure agir en nous pour que toutes les résistances se dissolvent (les mains croisées sur la poitrine) : être le plus immobile pour que les trois Centres soient immobiles et réceptifs. Ce n’est pas un travail de la volonté. Je laisse agir une autre énergie.

–      Clôture : J’envoie cette qualité à tous les êtres pour que cette qualité agisse en eux.

Merci à nos six intervenantes, aux organisateurs  et à chacun d’avoir été co-acteur de cette journée. Une journée que nous renouvellerons dans les mois à venir pour permettre à chacun de vivre les trois ateliers proposés l’après-midi.

 

Pierre Angotti, 3 avril 2018

 

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